Association de Sauvegarde de l'Orgue et de
l'Eglise de Chaumont-en-Vexin

Concert de Noël 2012 : Bernard de Quillacq

Dimanche 02 décembre à 17h00, Eglise Saint Jean-Baptiste de Chaumont-en-Vexin

eglise Saint Jean-Baptiste
Orgue classé Monuments Historiques


Sa formation universitaire à Nantes et Paris l'a orienté vers une carrière de banquier d'entreprises dans un grand groupe bancaire français. Il a constamment pratiqué la musique en marge de ses activités professionnelles.

Après des études de piano, il a obtenu en 1969 la 1ère Médaille dans la Classe d'orgue de Jean COSTA au Conservatoire National de Région de Nantes, avant de suivre l'enseignement de l'Abbé Félix MOREAU, organiste titulaire du Grand-orgue de la Cathédrale de Nantes, et d'obtenir en 1971 le 1er Prix d'Orgue du Concours National de Musique Gil Graven.

De bonne heure amateur de chant choral (Ensemble Vocal de Nantes, Chorale Contrepoint de Paris, Ensemble Vocal A Cœur Joie de Grenoble), il s'est tourné, comme chef de chœur, vers le répertoire sacré pour chœur d'oratorio avec les deux grands ensembles qu'il a fondés et dirigés jusqu'en 1992, successivement à Grenoble (Chorale GRATIANA à partir de 1979), puis Reims (Chœur NICOLAS-DE-GRIGNY depuis 1986). Avec ces formations, il a présenté en concert de nombreuses œuvres vocales a cappella, ou avec piano, orgue, différentes formations instrumentales et orchestre. Il a collaboré avec le Festival des Flâneries Musicales de Reims en 1990, puis avec Jean-Sébastien BEREAU et l'Orchestre du Conservatoire National de Région de Reims en 1991 et 1992.

Organiste liturgique depuis ses débuts (église Saint-Clément de Nantes, Saint-André de Reims, Cathédrale de Dijon), il est titulaire de l'orgue Jean-DUNAND (1987) de la Collégiale Saint Jean-Baptiste de Rouvres-en-Plaine (XIII-XIV S.), église classée Monument Historique, près de Dijon.

Le programme par Bernard de Quillacq

1ère partie

eglise Saint Jean-Baptiste
Bernard de Quillacq

Noël approche.


L'orgue, instrument liturgique par excellence, soutient les voix et la prière des fidèles. Pendant cette période de l'Avent, il lui reviendra de jouer et de commenter ces mélodies de Noël que la tradition nous a léguées.

Dans cette première partie, j'ai choisi le thème du choral pour illustrer la louange de Dieu et la célébration de Noël.

Le choral tire son origine de la réforme protestante initiée en Allemagne par Martin Luther en 1517.

Le chant grégorien est trop compliqué pour les fidèles qui souvent ne connaissent pas le latin et ne participent pas assez à la liturgie... Luther et son entourage ont donc entrepris de transcrire la Bible et des écrits saints pour qu'ils soient chantés dans la langue de tous les jours. Puis ils arrangèrent et adaptèrent des mélodies simples à une voix, afin qu'elles soient retenues et chantées à l'office par le plus grand nombre. Ces mélodies, formées de phrases courtes, sont issues du plain-chant, de cantiques populaires ou sacrés du moyen âge, ou encore de chansons profanes de la Renaissance. Le choral était né.

Le choral est au cœur de la musique sacrée de Bach et de nombreux musiciens avant lui et après lui, protestants et catholiques. L'orgue commente le choral soit avant, soit après l'exécution du cantique par l'assemblée.

Michel Chapuis a utilisé cette forme musicale il y a quelques décennies pour composer un Sanctus pour l'église parisienne dont il fut l'organiste du grand-orgue. Ce Sanctus eut un grand succès, au point d'être repris par la grande majorité des paroisses de France. En 2010, François-Henri Houbart, organiste de La Madeleine, a composé une suite de variations sur ce thème; ces 5 pièces sont écrites dans un style classique plutôt germanique, avec un petit clin d'œil français : un duo, un trio avec basse de trompette, une fugue sur les anches et un récit de cornet, avant la réexposition du choral sur le tutti de l'orgue.

Quant aux Variations de Sweelinck, voilà une partita profane : ce sont des broderies sur une danse de Cour, composée pour le mariage de Christine de Lorraine avec le Grand-Duc Ferdinand de Toscane.

Et pour commencer, ce vigoureux "A la manière de Haendel" écrit dans la langue de son modèle par Albert Alain, organiste de St Germain-en-Laye, et aussi père d'Olivier, Jehan et Marie-Claire Alain.

2ème partie


J'ai composé cette seconde partie comme le programme musical d'une Veillée de Noël, puis de la Messe.

Tous ces Noëls pour orgue reprennent une mélodie d'origine populaire pour la développer en plusieurs variations, qui renouvellent l'intérêt des auditeurs par leur variété et leur fantaisie. Ces pièces, écrites ou improvisées, sont données à l'office ou au concert. Le dijonnais Balbastre, réputé pour son savoir-faire et ses improvisations, attirait les foules à Notre-Dame de Paris, au point d'être à deux reprises interdit par l'Archevêque de Paris en raison des désordres causés dans la Cathédrale par une foule déchaînée ! Mais ce soir, Monsieur le Curé, ne craignez rien pour votre église !

Ces mélodies ont continué à inspirer un abondant répertoire jusqu'à nos jours. Après un concerto pour orgue de Balbastre, très décoratif, je jouerai deux Noëls de ses contemporains Daquin et Beauvarlet-Charpentier.

Mr de quillacq avec Mr Thomas
Mr de quillacq avec Mr Thomas

Au XIXème siècle, les variations sur des Noëls ont été employées comme des versets alternés avec ceux du plain-chant des messes solennelles. On sait précisément que la "Messe sur les Noëls" de Boëly devait être jouée en alternance avec les versets grégoriens de la messe "Cunctipotens genitor Deus".

Je jouerai ces pièces de Boëly après Bach, Balbastre et les autres, et avant César Franck. Car Boëly fut un musicien-pivot entre l'orgue classique français (dont il est l'héritier), l'esthétique de Bach (qu'il avait parfaitement assimilée) et le romantisme naissant, dont il a préfiguré le langage. Tous ces styles ont leur place sur cet orgue historique, construit à cette époque charnière.

Pour terminer, je veux souligner que la saveur de ces musiques ne doit pas éclipser la saveur des textes qu'elles chantent.

Voici par exemple les émouvantes et délicieuses paroles du cantique "Laissez paître vos bêtes". Dans ce cantique, "Nau", c'est Noël et "Naulet", c'est l'Enfant Jésus. Aujourd'hui, on ne chante plus ces paroles. On les a remplacées par "Venez, Divin Messie", sur la même musique.

Refrain
" Laissez paître vos bêtes, Pastoureaux, par monts et par vaux,
Laissez paître vos bêtes, Et allons chanter Nau ".

Couplets
" J'ai ouï chanter le rossignol Qui chantait un chant si nouveau, Si haut, si beau, si résonneau.
Il m'y rompait la tête Tant il chantait et flageolait.
Ai donc pris ma musette pour aller voir Naulet."

" Nous dîmes tous une chanson, Les autres y vinrent au son, Chacun menant son compagnon.
Je prendrai Guillemette,
Toi, Margot, prends le gros Guillot.
Qui prendra Péronnelle ? Ce sera Talebot."

Bernard de Quillacq
Chaumont en Vexin, le 2 décembre 2012

programme
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